Où commencer son roman ?

Ou commencer votre roman?

Où est-ce que je dois commencer mon roman, mon histoire?! C’est l’une des grandes questions que vous devez sûrement vous poser, qui est peut-être même la cause de nombreuses insomnies.

Est-ce qu’il vaut mieux commencer son histoire alors que le monde est encore en paix, que la menace est encore lointaine où au contraire faut-il plonger le lecteur dans les affres de la guerre et des combats au risque de le perdre ?

N’ayez crainte, une seule personne peut vous sauver! Et ce n’est pas moi !

On l’a vu dans les précédents articles, vous devriez à présent avoir une idée générale de votre histoire, de ses personnages, de son Histoire, de ses croyances.

Où démarrer son roman ?

 

Bon c’est bien gentil tout ça, mais où je commence mon histoire moi ! Pour vous aider, on va prendre un petit exemple ( qui fonctionne aussi pour de la SF et du post-apo).

L’idée de base est simple, on va suivre notre héros(ïne) dans sa quête pour découvrir l’emplacement d’un artefact guerrier/divin/magique capable de sauver l’humanité du sort vers lequel elle se dirige. Cette histoire, cette même trame va pouvoir se dérouler dans trois grandes temporalités ( et leurs infinités de variantes, mais on va en faire que trois sinon demain on y est encore:) :

 

Avant / Pendant / Après

Avant :

La quête de votre héros se déroule avant un cataclysme qui impactera la terre, le monde dans sa globalité. S’il parvient à trouver l’artefact, votre héros évitera à la planète d’être méchamment défigurée ou à une partie de l’humanité d’être décimé.

 

Pendant :

Le mal est en train de se répandre, les premières créatures sont mortes, les premières terres sont tombées, le seul moyen d’endiguer la propagation du mal est de trouver ce fichu artefact.

 

Après :

Le monde est foutu depuis bien longtemps, votre héros s’en va chercher ce con d’artefact pour redonner vie à la terre et créer un endroit à l’abri du mal où la vie pourra reprendre son cours.

 

Vous l’aurez compris, l’histoire, l’idée est la même, votre héros va chercher son graal. (Dans le cas présent, mettons que c’est un bocal à anchois!), mais la temporalité dans laquelle il va évoluer va radicalement changer le message, la portée de votre histoire. C’est parmi ces différentes temporalités ( et leurs variantes) que vous allez devoir choisir.

De ce que j’ai pu en voir au travers de mes différentes lectures, la tendance en Fantasy est plutôt de faire en sorte que l’histoire, le roman se déroule en même temps que des changements plus globaux ( Option pendant).

Là encore, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses, il vous faudra choisir la trame qui vous semble la plus cohérente, la plus logique avec ce que vous avez en tête.

La fontaine de Corinalmie

Mélianor, le commencement !

 

Comme je le dis très souvent, le plus important est d’écrire une histoire qui a un sens pour vous.

Lorsque l’idée d’écrire Mélianor m’est venue, il était évident pour moi que la petite histoire devait se mêler à la grande, à ce moment fragile où les hommes ont la possibilité de tout gagner ou de tout perdre.

Pour que l’intensité dramatique soit la plus forte, la plus immersive, il est à mon sens indispensable que l’action se déroule en parallèle d’événements, de combats bien plus vastes que les personnages du récit.

C’est en plaçant notre héros au cœur de l’action, au cœur de changements majeurs, profonds, irrémédiables, que l’impact sera le plus puissant. Pourquoi? Parce que les personnages, les héros sont comme nous, ils ont besoin de voir, de ressentir les drames, les changements, la menace d’une annihilation prochaine pour réagir et donner la pleine mesure de leur courage, de leur folie, de leur désespoir.

C’est le choix que j’ai fait pour Mélianor, l’histoire, le roman, se situe à la toute fin d’une guerre qui dure depuis des centaines, des milliers d’années. Les événements que les personnages vont traverser, leurs réactions détermineront l’avenir même de l’humanité. L’espoir d’une victoire ou la certitude du chaos.

Légende de David Gemmell

Où commencer son roman : Le retour du “Où ?”

 

Maintenant qu’on a réfléchi à la question et qu’on sait à quel moment va se dérouler notre récit, il est de bon ton de se poser une autre question: “Où commencer?”

– Mais tu l’as pas déjà dit ça? Tu nous prendrais pas pour des jambons par hasard ?! me diriez-vous un poil excédé et dans un autre contexte, j’aurais bien volontiers accepté l’insulte.

Si vous avez opté pour que l’histoire de votre héros se déroule en même temps que des événements plus globaux, il vous faudra définir avec plus encore plus de précision quand cette histoire se déroulera:

 

Au début / Au milieu / A la fin

Au début :

Votre récit commence au début d’une guerre, d’une invasion d’une ampleur, d’une violence  jusqu’alors jamais vue.

S’il réussit sa quête, votre héros évitera un cataclysme, une pandémie, une guerre à l’échelle planétaire.

À l’inverse, s’il échoue, votre héros entraînera le monde vers sa perte, même si d’autres occasions se présenteront à l’avenir pour éviter cette apocalypse. Ce changement s’il est grave n’entraîne cependant pas une destruction irrémédiable d’un peuple, d’une terre.

 

Au milieu :

La guerre fait rage depuis des mois, des années.

Le succès (ou l’échec) de la quête de votre personnage donnera un avantage certain pour le camp qui l’emportera. En cas d’échec, c’est un peuple, une terre qui disparaîtront mettant en péril la stabilité et l’avenir du monde.

 

À la fin :

C’est le débarquement, l’ultime bataille, la dernière infiltration, le moment fatidique, celui où tout peut basculer. Le résultat de la quête de votre personnage conditionnera l’avenir du monde.

En cas de victoire, le mal sera définitivement détruit et l’humanité, la terre dans son ensemble sera sauvée.

En cas d’échec l’humanité ne sera plus, la terre sera détruite, plus personne ne sera là pour se souvenir de ceux qui jadis avaient existé et vécu ici-bas.

L’influence des Monarchies :

 

De toutes mes lectures, les Monarchies Divines de Paul Kearney sont de loin celles qui m’ont le plus marqué (sans déconner, si nous ne les avez pas lu, jetez-vous dessus. Vraiment! Ici, le petit lien qui va bien!)

Pourquoi me direz-vous? Parce que dès les premières pages ce bon Kearney nous pousse au cœur des combats, au coeur d’une fuite, d’une déroute pour ne plus jamais nous lâcher. Il nous entraîne au milieu de l’action, d’un pays, d’un monde dont on ne connait rien et pourtant, on en dévore chaque page avec envie, avec passion.

De toutes mes lectures, j’ai rarement été happé si vite, tenu en haleine, en extase si longtemps. Ces sensations sont restées gravées et puisque c’est maintenant à mon tour de me lancer dans la grande aventure de l’écriture, autant essayer avec mes modestes moyens de l’imiter pour que mes lecteurs puissent eux aussi s’immerger corps et âme dans mon monde.

C’est pour cette raison que Mélianor débute par un combat, une bataille dont l’issue décidera du sort de l’humanité. Un répit, un fragile espoir verra le jour si les hommes sortent victorieux de leur combat. En cas de défaite, le monde serait lui irrémédiablement rongé par le mal et la mort jusqu’à être entièrement détruit.

Venez découvrir les Monarchies Divines de Paul Kearney

Vous l’aurez compris, avant de vous jeter corps et âme à vos cahiers et vos stylos, posez-vous la question : À quels événements, quelles batailles votre héros devra faire face? Quelles seront les conséquences en cas d’échecs? Aura-t-il plusieurs occasions d’accomplir son destin, sa quête ou au contraire n’aura-t-il qu’une seule et unique chance?

Ces questions sont perturbantes, mais elles vous permettront d’orienter votre histoire dans la bonne direction pour ne pas avoir à passer de longues heures à réécrire tout un chapitre, toute une partie de votre roman.

Je sais, j’aime poser des questions pour au final n’apporter que très peu de réponses!

Comme je vous le dit souvent, chaque récit, chaque est histoire est unique et c’est à vous et vous seul de vous poser ces questions, d’y apporter vos propres réponses, celles qui correspondent à l’idée que vous avez en tête.

Je vous dis à très bientôt pour de nouvelles digressions!

Julien.

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One thought on “Où commencer son roman ?”

  1. Encore un super article qui pose une question très pertinente.
    Après, il faudra aborder la liste des questions vraiment chiantes : pourquoi raconter cette histoire et pas une autre ? pourquoi ce récit en particulier ? pourquoi ce personnage, ces épreuves ? Quels sont les thèmes que je veux aborder, quel sens a mon récit, quelle symbolique ont mes rebondissements ? En somme : qu’est-ce que je veux raconter et dire derrière mon histoire de chevalier, de guerre et de fin du monde ?

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