Ecrire un roman de Fantasy : # 02 – Géographie

Ecrire un roman de Fantasy, dessinez une carte!

 Il existe autant de manière de créer d’univers qu’il existe de manière d’écrire, de trouver l’inspiration. Autant dire que c’est un joyeux bordel où rien n’est fondamentalement ni bon, ni mauvais, où chacun peut avoir raison et tort en même temps. (Merci Schrödy!)

Bon, maintenant qu’on a dit ça, si vous ne voulez pas perdre votre temps, vos cheveux et une bonne partie de votre santé mentale, le plus simple c’est encore de respecter un schéma global à peu près construit. On l’a vu dans le précédent article, la première étape, la base, c’est d’avoir votre idée, celle qui vous donne envie d’écrire, qui va traverser votre histoire.

Avoir une idée, faire évoluer des personnages c’est bien, encore faut-il savoir dans quel univers tout ce beau monde va évoluer! Ça tombe plutôt bien, c’est le sujet de l’article du jour !

Contrairement à d’autres genres où le cadre est déjà connu du lecteur, la fantasy a la (petite) particularité de se dérouler dans un monde, un univers complètement étranger au lecteur

Pour qu’il puisse s’y plonger, en apprécier tous les détails, toutes les subtilités, il doit pouvoir le comprendre en quelques lignes seulement. Cette apparente simplicité cache en fait un gouffre, une abime de questions pour vous qui vous lancez avec vos idées, vos idéaux dans le labyrinthe sans fin de la Fantasy.

Cette simplicité sera votre pire cauchemar puisqu’elle implique de parfaitement maîtriser son monde et dans le cas présent sa géographie!

Des mondes aussi riches que complexes :

Vous l’avez peut-être déjà remarqué si vous lisez de la fantasy ( et j’espère que vous l’avez fait, sinon arrêtez vous tout de suite et lisez!), les plus grandes œuvres se déroulent souvent dans un monde aux paysages aussi multiples que variés. La Terre du Milieu, l’Alagaesia, les Six Duchés, Games of Throne, la Roue du Temps, tous ont leur quota de plaines, de montagnes, de déserts, d’îles, d’océans.

L’intérêt d’un univers, d’un récit, réside très souvent dans la vie, l’histoire, les moeurs et les coutumes de ces personnages. Tout comme dans notre propre histoire, la mentalité, le caractère, les préoccupations d’un individu, d’une région, d’un pays, d’un peuple, sont directement liées à son environnement.

Oui, ce n’est pas pour rien si la majeure partie des œuvres de fantasy multiplient les régions, les climats, les peuples. Ils sont autant d’éléments qui façonnent les personnages et permettent de  donner corps à un monde, un univers.

Imaginez un monde ou règne un seul et même climat, un seul et même paysage unique et uniforme en tout point. Les différences culturelles, régionales sont donc limitées, et les opportunités de susciter l’intérêt chez le lecteur beaucoup moins nombreuses.

On pourrait toujours trouver des histoires à raconter, mais elles seraient à coup sur bien moins interessantes, bien moins captivantes.

L’objectif va donc être simple, créer une terre à votre image, une terre qui vous inspire et qui possède suffisamment de particularités, de différences pour marquer l’histoire, le caractère de vos personnages.

Une carte de Fantasy

La géographie de Mélianor

Pour créer le monde de Mélianor, je me suis posé cette même question: quels paysages, quels reliefs, quels types de mondes m’attirent le plus?

Même si je n’avais pas particulièrement d’avis sur le sujet, je voulais que mon monde puisse disposer de tous les reliefs : plaines, déserts, lacs, mers, montagnes. Je voulais avoir à ma disposition tous les types de paysages pour y faire évoluer mes personnages, mes villes, mon histoire.

C’est donc avec cette idée en tête que j’ai commencé à dessiner ma carte. Pour une raison que je n’explique absolument pas, le centre de cette terre devait pour moi être constituée de lacs. ( Me demandez pas, je ne sais toujours pas pourquoi…).

J’ai donc commencé par dessiner mes petits lacs, puis tout autour j’ai ajouté un à un les différents types de reliefs (ceux qu’on peut retrouver sur terre hein! J’avais pas envie de m’amuser à faire des mélange improbables…c’est suffisamment compliqué comme ça! )

Je suis donc parti du centre du monde pour aller vers l’extérieur en ajoutant à chaque fois un nouveau type de paysage. Ce n’est bien sur qu’un exemple parmi tant d’autres, ne vous sentez pas obliger de faire pareil!

Parce qu’une image vaut mieux que bien des mots, vous trouverez juste en dessous la carte originale et mon magnifique coup de crayon :

Découvrez la carte originale de Mélianor

Dessinez votre Fantasy :

Bon, maintenant que je me suis quand même pas mal dévoilé, c’est à votre tour de vous y mettre! (Parce que oui, il n’y à pas de raison qu’il n’y ait que moi!)

Prenez une feuille, un crayon et…dessinez! Je vous vois venir d’ici avec votre air malheureux : “Mais comment je fais, je sais pas dessiner!”. Vous avez vu mon dessin?! Voila. Vous n’avez pas besoin de savoir dessiner!

A ce stade, il vous suffit juste d’avoir une idée générale du monde dans lequel se déroulera votre histoire. Là encore, la question à vous poser est toujours la même:

Qu’est-ce que je veux raconter?

  • Votre histoire contient des dragons? Où est-ce qu’ils vivent les bestiaux? Partout sur terre? Sous l’eau? Uniquement dans certains endroits vachement pas pratiques à trouver?
  • Votre histoire comporte de la magie? Est-ce qu’elle provient de la terre? D’une roche? Est-ce qu’on en trouve partout où juste à certains endroits? Est-ce qu’il faut respecter la nature ou au contraire la détruire pour en avoir?
  • Vous êtes plutôt du côté sadique de la force à mettre des déserts ou des montagnes un peu partout? N’hésitez pas, plus les montagnes seront hautes, plus les déserts seront grands, plus vous pourrez vous amuser!

Ces questions n’ont peut-être l’air de rien mais vous le verrez plus tard (où vous l’avez peut-être déjà remarqué), la géographie de votre monde sera déterminante pour vos personnages, votre univers, votre histoire.

Ne vous inquiétez pas, comme toute chose, ce que vous dessinez ici n’est n’est pas gravé dans la roche, (encore moins dans le marbre).

Villes, lacs, monts, montagnes, tout évoluera à votre guise, en fonction de vos besoins, de vos envies. Tout comme vos personnages, votre terre est vivante et évoluera au cours de son histoire.

Dessiner une carte de Fantasy

Bon, ça fait déjà pas mal de questions pour une seule journée et quelque chose me dit que vous avez besoin d’un petit moment à vide pour cogiter.Ne vous inquiétez pas, on continuera à creuser ensemble la géographie du monde avec un peu plus de détail dans un prochain article!

Alors en attendant la semaine prochaine, exercez-vous, dessinez, créez autant que vous voulez jusqu’à trouver une terre, un univers qui vous convient! Croyez-moi, vous le saurez de suite quand vous l’aurez trouvé!

D’ici la, n’hésitez pas à m’envoyer vos questions, idées d’articles où même les créations que vous ont inspiré cet article!

A très vite pour peupler votre nouvelle terre de créatures!

Julien.

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5 thoughts on “Ecrire un roman de Fantasy : # 02 – Géographie”

  1. Encore un très chouette article, avec du contenu et de bonnes suggestions ! Hâte de lire la suite avec le détail !

  2. Et si une approche plus efficace était de raconter une histoire d’abord et de dessiner la carte à la fin? Si c’est l’histoire qui prime, il est naturel qu’elle vienne en premier et qu’elle guide tous les choix, à mon avis. Une erreur que beaucoup d’auteurs de fantasy commettent, à mon sens, c’est de tomber tellement amoureux de leur monde qu’ils en oublient de raconter, et deviennent les guides touristiques de leur création.

    1. C’est compliqué en Fantasy parce que l’influence du monde, de son histoire est généralement déterminante dans l’histoire, dans la vie de ses personnages. Je pense que c’est possible mais il faut vraiment avoir une idée très très précise de ce qu’on veut faire. Mais je suis d’accord avec toi, le plus gros piège c’est de passer son temps à créer le monde pour au final soit faire une histoire bancale ou passer son temps à expliquer des éléments extérieurs qui empêche de vraiment comprendre l’histoire. L’équilibre est dur à trouver et j’espère y parvenir avec Mélianor même si je ne suis pas du tout à l’abri de tomber dans le piège les deux pieds dedans ^^’

      1. C’est à peu près ce que je m’apprêtais à dire, pourquoi ne pas putot commencer par l’histoire, mais c’est plus compliqué que ça…

        En lisant ton aricle, j’ai eu très envie de me prêter au jeu et de créer une carte d’un monde Fantasy (c’est ce qui manque au challenge de création d’univers que je viens de finir, de la géographie…) et clairement, c’est une base géniale pour développer tout le reste de l’univers…

        Mais c’est vrai que quand tu sais déjà ce que tu veux raconter, tu peux commencer par l’histoire… Ou pas en fait, c’est vraiment une question de méthode. Avoir une carte avant te permet de gérer au mieux les temps pour les différents trajets. Tu peux aussi choisir d’écrire d’abord et de réajuster ces durées lors de tes corrections. Les deux options sont tout à fait correct selon les gens en fait 🙂 C’est vraiment comme tu l’as dit, il n’y a pas une bonne méthode ^^

        Et on peut jouer le guide touristique avec subtilité, j’en suis certaine :p voyager au cœur d’un univers et en découvrir les multiples facettes est aussi un de mes plaisirs quand je lis de la Fantasy !

        1. C’est vrai qu’il n’y à pas une seule et unique méthode, et je ne sais pas si une est préférable à l’autre. 🙂

          Si tu connais déjà ton histoire tu peux effectuer directement commencer par là, mais je pense qu’à un moment donné tu vas forcément avoir besoin d’un minimum de détails, sur une ville, sa géographie, ses spécificités, du coup tu reviens à la géographie.
          En ce qui me concerne, comme l’histoire était un peu floue au départ, ça m’a semblé plus naturel de commencer par la géographie et d’autres éléments même s’ils n’étaient pas très poussés au début. Ça m’a permis d’avoir des points de repères sur ce que je voulais/devais mettre dans l’histoire.

          Après effectivement, c’est une question de préférence et chacun à la sienne 🙂 Je pense quand même que les deux doivent être développés à peu près en même temps sinon le risque c’est de devoir réécrire ce qui a déjà été où au contraire de faire une carte en fonction de ce qui a déjà été écrits.

          Je suis en tout content ravi que tu aies aimé l’article! :):)

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